Sauvetage d'un bébé martinet noir
Le martinet noir, c'est ce que nous appelons souvent, par erreur, une hirondelle. Mais... l'hirondelle, la vraie, a le ventre blanc et une queue longue et fourchue. Le martinet noir, lui, est.... brun foncé (eh oui !!!) avec une queue plus courte et moins fourchue, des ailes très longues, en forme de faux (la faux qui fauche) disent les spécialistes, et des pattes si courtes qu'il ne peut pas vraiment marcher et qu'il rampe sur le sol "à plat ventre", les ailes écartées...
Or donc...
Cet après-midi, ves 15 heures, je sors de chez moi avec Pauline pour aller avec elle à la braderie d'été. Dans la cour de l'immeuble, nous croisons un voisin embarrassé qui nous signale un oiseau semblant tombé du nid, incapable de voler, et en grand danger d'être soit écrasé par une des voitures garées sur le parking, soit dévoré par un des nombreux chats errants du quartier.
Bien entendu, notre bon coeur nous empêchait de laisser là l'infortuné oisillon. Nous voilà donc reparties à la maison installer la petite boule de plume dans la vieille cage à hamster vide, avec une litière de foin (emprunté au lapin), une coupelle d'eau, et un petit hachis de jambon, seule viande disponible dans le frigo...
Commence alors la série des coups de téléphone... parce que, au départ, je pensais qu'il s'agissait d'un bébé faucon (crécerelle pour les ornithophiles...), et que les faucons sont, par chez nous, une espèce protégée.
Me voilà donc en quête d'un correspondant local de la Ligue de Protection des Oiseaux. Dont le répondeur m'informe que "la sortie prévue pour observation ce samedi est bien maintenue", ce qui hélas ! ne m'avance à rien.
Second appel à la LPO, cette fois directement au siège à Rochefort-sur-Mer, soit à l'autre bout de la France, vu de chez moi...
Là on me renvoie à la Délégation Régionale de Franche-Comté de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, ici, à Besançon.
Où l'employé d'astreinte m'indique fort aimablement qu'il va se mettre en quête d'un responsable de l'association Athena de Lons-le-Saunier, et qu'on me rappellera...
OK. Attendons.
Histoire de ne pas attendre idiote, je pars illico sur Internet à la recherche de conseils, de témoignages, d'indications sur l'oiseau, sa vie, son régime alimentaire, etc...
Et là, de site en site, je finis par me rendre compte qu'en fait de faucon -que mes filles avaient déjà baptisé "N-en-parle" (ben oui, "faut-qu'on-n-en-parle" !!!!)- mon oiseau est en réalité un martinet noir.
Moins rare que les faucons, certes, mais néanmoins protégé semble-t-il...
Donc lorsque "Athena" me rappelle vers 19 heures, je suis en mesure de donner quelques précisions : non ses ailes repliées ne dépassent pas sa queue, en longueur, d'au moins 1,5 cm ; non il n'est pas blessé ; non il n'essaie pas de s'envoler ; oui il ouvre grand le bec...
Je l'ai fait boire en lui mettant mon doigt mouillé dans le bec ; je lui ai donné la becquée et il gobe toute une phalange de mon index à chaque miette de jambon que je lui donne... Et là, je me fais "tancer d'importance" par le monsieur courroucé qui m'essssplique que les oiseaux, ça ne mange que des insectes et que mon jambon, vraiment, n'a rien à faire dans l'histoire... et que la moindre goutelette d'eau avalée de travers pourrait noyer l'oiseau...
Essayez de rendre service !!!
Mais, bon, finalement, on va m'envoyer quelqu'un chercher la pauvre petite bête... avant que je l'achève, j'imagine !!!
Là, vu l'heure avancée, je pense que, cette nuit, je vais dormir, pour la première fois de ma vie, avec un bébé oiseau dans ma chambre, en liberté puisqu'il ne vole pas... blotti dans nid de torchon blanc, dans sa boîte à chaussures, ladite boîte étant elle-même posée au fond d'une caisse en plastique, au cas où il prendrait fantaisie à l'oisillon de tenter une échappée nocturne...
Je vous montre ici à quoi ressemble ce bébé martinet, mais la photo n'est pas de nous, je l'ai trouvée sur Internet. Nous n'avons pas réussi à prendre de photos nettes sans flash (on ne va pas l'aveugler, en plus !!!).

Pour tout vous dire, aujourd'hui, alors qu'il y avait peut-être quarante de ses congénères volant et criaillant dans mon ciel, la chose la plus importante à mes yeux, c'était de sauver celui-ci, tombé du ciel au pied de mon immeuble...