Fausse donne
C'est dit, Pauline ne sera pas infirmière. Ni puéricultrice.
Sa première évaluation théorique avait pourtant été réussie : 15/20.
Mais son premier stage en milieu hospitalier a été pour elle une épreuve difficile. Elle en est sortie décontenancée et déçue.
Pas tellement à cause du travail en soi : elle a appris à faire des piqûres, des prises de sang, des pansements, etc...
Mais plutôt à cause de l'ambiance tendue dans les équipes soignantes et de la "froideur" des relations avec les malades : trop de travail, pas assez de personnel, donc pas assez de temps, de disponibilité, et donc de chaleur, de réconfort, de rassurance, etc...
Elle a été assez choquée par cet aspect de la profession.
Et puis l'idée d'avoir à côtoyer la maladie et la mort chaque jour de ses études, pendant trois ans... dans la réalité, pendant les stages pratiques... et même seulement de façon théorique, dans les cours, les "devoirs", les cas cliniques, etc... cette idée l'a découragée, démotivée, déprimée même.
Et plutôt que de perdre son temps et son énergie dans une filière qui ne lui convient pas, elle a choisi de quitter l'IFSI dans une quinzaine de jours, à la fin du module en cours, avant le prochain stage.
Sa directrice d'études lui a offert de bénéficier d'un report d'inscription pour une durée de cinq ans. C'est-à-dire que si, pendant cette période, elle avait des regrets et qu'elle change d'avis, elle aurait la possibilité de reprendre ses études au point où elle les a laissées. Après tout, on ne sait jamais : avec quelques années de plus, une maturité différente, d'autres expériences professionnelles...
J'avoue que la nouvelle m'a "secouée" !!! J'étais, nous étions, tellement persuadées qu'elle était sur la bonne voie. Sur son chemin.
En fin de compte, ce n'était pas la bonne orientation.
Il faudra qu'elle mette à profit les mois qui viennent pour passer deux ou trois examens, du genre BAFA, brevet de premiers secours, galop 6 d'équitation. Et peut-être, si nos finances le permettent, le permis de conduire aussi. Ça pourra l'aider pour trouver un job d'été, par exemple.
Et pour la suite, elle est déjà en quête d'informations sur d'autres filières, plus orientées vers la vie...
Vers la petite enfance : Educateur de jeunes enfants. Auxiliaire de puériculture. Agent spécialisé des écoles maternelles. Assistante maternelle.
Ou vers les chevaux : Accompagnateur de tourisme équestre.
Ou vers les enfants et les chevaux : Moniteur d'équitation option poney...
Déjà en train de lire le journal de petites annonces de la région, rubrique "garde d'enfants", parce que "ça, je sais faire"... (et c'est vrai, je l'atteste !)
Même si je suis un peu déçue de ce contretemps, je m'efforce de voir le côté positif des choses... après tout, elle n'a que 18 ans, et une année de "mise au point" n'est pas forcément une année perdue...
C'est sans doute ça qu'on appelle "reculer pour mieux sauter"...