La soirée des Molière
Lundi 14 mai 2007
En suivant la soirée sur France 2, j'ai pu mesurer à quel point ma vie s'est éloignée de mes centres d'intérêt...
Le théâtre a toujours été de mes amours...
J'entends citer Jean-Luc LAGARCE, je croise son visage sur l'écran, et je me souviens de l'époque où, jeune et libre à la fois de mon temps et de mon argent, j'allais au Théâtre du Casino, juste en face de chez moi, voir jouer le "Théâtre de la Roulotte". "Ici ou ailleurs"... "Vagues souvenirs de l'année de la peste"... C'est là que j'avais connu Pierre... Pierre SIMON... qui fut sans le savoir un de mes plus vibrants amours de jeunesse...
Et puis j'ai rencontré mon ex... avec lui j'ai côtoyé en Lorraine le monde du théâtre amateur. Je suis même montée sur scène, oui... sans vrai talent, je crois, et surtout sans "voix"... pas le bon placement, la bonne tonalité, et pas la puissance sonore nécessaire pour atteindre au fond de la salle... Je suis passée au maquillage avec un peu plus de talent, puis aux costumes avec beaucoup de plaisir, mon côté "fils et chiffons" y trouvant à s'épanouir...
Et puis j'ai eu mes enfants...
Et plus de temps ni d'argent pour mes loisirs personnels. Fini le théâtre... le cinéma... l'opéra...
Restait ce que l'on peut voir à la télévision... pauvre spectacle, spectacle de pauvre...
Hier soir j'y ai retrouvé quelque chose de ma vie...
J'y ai retrouvé aussi celui que depuis bien longtemps j'aime ; "de loin, distraitement, presque sans y penser" ; comme on aime un comédien, que l'on ne connaît qu'à travers les rôles qu'il choisit, qu'à travers l'image publique et les potins que la presse véhicule...
Un des amours de ma vie, lui aussi...
Bernard GIRAUDEAU.
Moins jeune, moins grand, moins musclé... moins "beau gosse" qu'au temps de nos premières "rencontres" : "un mètre quatre-vingt, des biceps plein les manches, tu crèves l'écran de mes nuits blanches"...
Devenu vulnérable... plus fragile... plus grave aussi... Beaucoup plus émouvant.
Ce soir-là dans un de ses plus beaux rôles... sans doute le plus vrai...
Je vois un père anxieux... je vois un père heureux... je vois un père à qui viennent les larmes, de voir récompenser sa fille ; de voir reconnaître... pas vraiment le talent : le talent, on l'a ou on ne l'a pas, mais on n'y est pour rien, c'est donné... mais reconnaître le travail, le sérieux, l'assiduité, la passion, la ténacité, la sensibilité, la volonté... enfin bref tout ce qu'il faut donner de soi pour réussir dans un tel métier.
Je suis bien placée pour le savoir, moi qui suis mère d'une toute jeune danseuse. Qui ai éprouvé, moi aussi, cet étonnement, cette admiration, ce respect, à voir sur scène cette autre personne, là, qui est à la fois son enfant et soudainement un presque inconnu, un presque étranger, quelqu'un d'autre...
Et le coeur vous fond par les yeux...
Publicité